4 orientations pour une PAC d’avenir

La réforme de la PAC est l’affaire de tous, elle doit répondre aux besoins du plus grand nombre. Nous appelons les gouvernement français et européens bénéficiant de la PAC à soutenir une réforme qui promeuve à la fois une PAC d’avenir, juste, écologique et solidaire. Cette nouvelle PAC doit permettre le développement d’un autre modèle agricole, plus résilient, basé sur la qualité et la proximité, et inspiré des pratiques de l’agriculture biologique et de l’agroécologie, tout en visant à développer les emplois.

La Fondation Nicolas Hulot et ses partenaires de la société civile souhaitent que quatre orientations claires et non dissociables soient intégrées à la réforme de la PAC, puis déclinées et coordonnées avec les politiques nationales et régionales :

1/ Pour une agriculture D’AVENIR : Favoriser le soutien à l’emploi agricole et à l’installation.

En Europe, chute de 25% des emplois agricoles en 10 ans, moins de 8% des agriculteurs européens sont âgés de moins de 35 ans, toutes les 2 minutes une ferme disparait en Europe, 100 000 ha de bonnes terres agricoles artificialisées chaque année…  Pour arrêter ces hémorragies, les aides de la PAC doivent cibler le maintien et la création d’emplois et cesser de favoriser l’agrandissement des exploitations existantes au détriment de la transmission. Par ailleurs nos gouvernements doivent enfin prendre au sérieux les difficultés pour les jeunes européens de trouver du foncier et stopper l’envolée des prix de la terre. 

2/ Pour une agriculture plus ECOLOGIQUE : Réorienter les aides vers les systèmes agricoles respectueux de l’environnement (agriculture biologique, agriculture durable, agroécologie…)

La PAC ne doit plus favoriser des agricultures qui ne préservent pas les biens communs ; elle doit accompagner les agriculteurs dans la nécessaire transition des systèmes agricoles. Pour cela 30% des aides directes, tout comme une politique de développement rural renforcée doivent réellement soutenir les agriculteurs qui mettent en place des pratiques exigeantes, donc efficaces pour le maintien de la qualité de l’environnement.

3/ Pour une agriculture plus JUSTE : Revoir la répartition des aides entre les types d’agricultures et entre les pays européens en les couplant à l’emploi agricole.

La répartition des aides de la PAC est aujourd’hui inéquitable. Alors que certains types d’exploitations reçoivent en moyenne 40 000 € d’aides de la PAC par an, d’autres n’en reçoivent que 5 000. Il est nécessaire d’opérer une meilleure répartition des aides pour corriger cette inéquité. Il s’agit de favoriser non plus la productivité à tout prix, mais l’emploi dans les exploitations pour que l’agriculture contribue elle aussi à répondre à la crise sociale. Par ailleurs, l’homogénéisation des aides perçues par les 27 Etats-membres doit permettre de soutenir l’agriculture et l’emploi dans l’ensemble des pays, notamment dans les pays d’Europe centrale à forte population agricole. 

4/ Pour une agriculture plus SOLIDAIRE : supprimer les subventions qui déstructurent les agricultures du Sud 

Subventionnés par la PAC, les surplus agricoles européens se retrouvent sur les marchés du Sud, moins chers que ceux produit sur place (poulets congelés, poudre de lait…). Même si leur part a largement diminué ces dernières années, il est encore possible d’utiliser ces subventions dans la boîte à outils de la PAC. Les subventions aux exportations, qui déstructurent les marchés agricoles des pays du Sud et entravent leur développement, doivent donc être supprimées. Il s’agit, plus globalement, de rendre la PAC cohérente avec les objectifs d’un développement durable au Sud.

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