Climat

« Une grande partie de la communauté scientifique reconnaît l’impact positif de l’agriculture écologique sur la production alimentaire, la réduction de la pauvreté et le changement climatique. C’est ce dont nous avons besoin dans un monde de ressources limitées. » Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation

Le climat à la base de la vie

La Terre est la seule planète connue où la vie existe. Située ni trop près ni trop loin du Soleil, ses climats sont plus ou moins favorables au développement des êtres vivants. Les échanges du carbone entre l’atmosphère, les océans, les continents et les organismes vivants sur la Terre, constituent le cycle naturel du carbone. L’agriculture et la déforestation contribuent à la perturbation de ce cycle comme les transports ou l’industrie.

L’atmosphère est la couche d’air qui entoure la Terre. Son existence conditionne la vie sur Terre : elle contient l’oxygène que nous respirons, nous protège des météorites, filtre les rayons ultraviolets du Soleil très nocifs pour les êtres vivants, absorbe la chaleur et stabilise la température à une moyenne de 15°C. Cette machine au fonctionnement complexe est d’un équilibre fragile. 


 Pourquoi un dérèglement climatique global ?

L’effet de serre est un phénomène naturel amplifié par l’homme. Depuis la fin du XIXe siècle, les scientifiques remarquent une tendance au réchauffement climatique global.

Dérèglement climatique

Sous l’effet du rayonnement solaire, l’atmosphère, qui enveloppe notre planète, agit comme une couverture : elle réchauffe la Terre. C’est ce phénomène naturel d’effet de serre qui limite les variations de températures à la surface de la Terre. Sans lui, la température moyenne ne serait pas de + 15°C, mais de – 18°C !

 

© Photo-libre.fr

Mais surtout, à cet effet de serre naturel, vient s’ajouter un effet de serre additionnel. Certains gaz dans l’atmosphère empêchent les fuites de chaleur vers l’espace. Ils sont appelés « gaz à effet de serre » (GES). Ce sont, par ordre d’importance : la vapeur d’eau (H2O), le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4) et d’autres gaz (le protoxyde d’azote (N20), l’ozone (O3) et les gaz fluorés). Tous ces gaz n’arrêtent pas la chaleur de la même façon et n’ont pas la même durée de vie dans l’atmosphère.

 

Les activités humaines induisent des émissions de certains de ces gaz et accentuent ainsi l’effet de serre naturel. On parle alors d’effet de serre additionnel. De ce fait, on observe depuis 30 ans une accélération du réchauffement global de la planète qui est responsable du changement climatique récent. Le GIEC annonce ainsi un réchauffement global compris entre 4°C et 6°C d’ici 2100.

 

Quels liens entre climats, agriculture et forêt ?

Les choix de production, de transformation, de transport et de distribution des denrées alimentaires sont parmi les actions clés pour réduire notre impact sur le climat. Produire, transformer, conserver et transporter nos denrées jusqu’à l’assiette génère des émissions de gaz à effet de serre (GES) : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O) etc. contribuent au réchauffement climatique récent.

Le saviez-vous ?

checkAu niveau mondial, le secteur agro-alimentaire, de la fourche à la fourchette et de l’étable à la table, contribue à hauteur de 30 % aux émissions de GES. Ce sont les activités les plus émettrices après celles de l’industrie de l’énergie.

Déforestation et activités agricoles sont à l’origine d’un tiers des émissions mondiales de GES.

 

À hauteur de 13,5% au niveau mondial et 20% en France, les émissions de l’agriculture résultent de processus biologiques complexes. Les deux principaux gaz émis par l’agriculture sont le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N20). L’agriculture émet également du CO2.

Le méthane qui a un pouvoir de réchauffement 21 fois supérieur au CO2, provient essentiellement de la digestion des bovins (ruminants), mais aussi des déjections animales et de la culture du riz. Le protoxyde d’azote, N2O, qui est un gaz à effet de serre presque 300 fois plus puissant que le CO2, provient quant à lui de l’utilisation des engrais azotés sur les champs (épandage) et également des déjections animales. Enfin, le CO2 est émis mais dans une moindre mesure par les tracteurs par exemple.

En France, c’est le protoxyde d’azote qui occupe la part la plus importante des émissions de GES de l’agriculture ! L’épandage des engrais azotés et l’élevage ont un rôle important dans ce constat. Vient de très près le méthane principalement émis par notre bétail.

La place de l’agriculture dans les émissions de gaz à effet de serre en France et en Europe

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Qu’est-ce que le pouvoir de réchauffement global (PRG) d’un gaz à effet de serre ?

 

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 CO2 = Dioxyde de carbone – CH4 = Méthane – N2O = Protoxyde d’azote

Tous ces gaz à effet de serre n’arrêtent pas la chaleur de la même façon et n’ont pas la même durée de vie dans l’atmosphère.
Leur contribution relative peut être estimée grâce à un indice appelé « pouvoir de réchauffement global » (PRG). Il définit la capacité d’un gaz à absorber les rayons infrarouges émis par la Terre, sur une durée de 100 ans.

Le PRG d’un gaz se mesure par rapport à celui du CO2, gaz de référence : combien de fois plus, ou combien de fois moins, un gaz « fait » d’effet de serre sur 100 ans, par rapport à la même quantité de CO2 émise au même moment.

La déforestation dans les pays tropicaux est responsable d’environ 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans des pays comme le Brésil, l’Indonésie, le Costa Rica ou la région du bassin du Congo, les dernières forêts tropicales sont menacées de destruction. Or les forêts sont d’une richesse écologique pratiquement unique : elles constituent des écosystèmes où la biodiversité est extrêmement abondante, elles captent du carbone par photosynthèse, elles participent à la régulation du cycle de l’eau, des climats locaux, et offrent des ressources alimentaires et énergétiques à de nombreuses populations rurales. Si, dans certains pays, la forêt primaire a déjà presque disparu, il reste encore d’importants massifs à protéger.

Le phénomène de déforestation est souvent à mettre en relation avec l’agriculture : 16 % de la forêt amazonienne a été convertie en surface de culture pour le soja  destiné à l’alimentation du bétail notamment en France.

Impacts du changement climatique

Les espèces vivantes, qui sont à l’origine des aliments que nous consommons, sont sensibles aux conditions climatiques. Le réchauffement global (+ 0,76°C en un siècle et + 1°C en Europe) a déjà des répercussions sur leur physiologie et les adaptations qui en résultent : floraison plus précoce, décalage des pratiques culturales, extension de certains pathogènes ou ravageurs des cultures. Ainsi la chenille processionnaire du pin se déplace vers le nord de la France tandis que la maladie de langue bleue du mouton, apparue en Corse, est aujourd’hui au Benelux.

Dans les cinquante prochaines années, le climat de la planète va se modifier en profondeur. S’il est impossible de prévoir avec certitude les changements à venir, les sociétés humaines et les écosystèmes vont devoir s’adapter. En modifiant le rythme des pluies et les températures de manière rapide et brutale, le changement climatique va avoir des impacts graves sur la production agricole.

Si dans certaines régions, un réchauffement peut rendre certaines terres cultivables (par exemple en Russie), on estime que dans la plupart des cas les impacts seront négatifs pour les productions. Déjà en Afrique et du fait de la sécheresse, de la désertification et du difficile accès à l’eau pour l’irrigation, les aléas climatiques viennent perturber les récoltes des petits producteurs ruraux. En France, on peut s’attendre à un réchauffement moyen de 3 à 4°C à l’échelle du siècle.

Ce réchauffement devrait entraîner des modifications significatives du climat : fréquence accrue des sécheresses dans le Sud du pays et érosion des espaces côtiers sur la majeure partie du littoral, menaçant en particulier les zones humides.

Pour une agriculture et une alimentation d’avenir : réduire son impact tout en s’adaptant

Assurer la sécurité alimentaire des hommes tout en conservant les équilibres du milieu naturel doit rester un impératif intangible. Les systèmes agricoles et alimentaires de demain devront à la fois réduire leur impact sur notre climat en cherchant à réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux conséquences des changements climatiques déjà en cours.

Le développement d’une agriculture durable et solidaire répondant à la crise climatique et à celle du vivant, passe entre autres par le choix de circuits courts et la promotion de produits locaux, de saison et de qualité. Il s’agit également de réduire sa consommation de viande pour privilégier la qualité.

En agriculture, il existe des pratiques qui permettent de réduire les émissions, comme l’introduction de légumineuses dans la rotation ou encore la gestion des déjections animales. Il en est aussi qui permettent même de stocker du carbone : dans les sols pour les prairies de longue durée ou dans les arbres  pour les systèmes en agroforesterie.

Le saviez-vous ?

checkLa culture des plantes légumineuses (féverole, fève, pois protéagineux, luzerne, lupin doux, soja, lentille…) est un bon moyen pour l’agriculture de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

 

D’une part, ces cultures ne nécessitent pas d’engrais pour leur croissance (donc pas d’émissions de N20 liées à l’épandage) et d’autre part, étant capables de capter l’azote de l’air pour le stocker dans leurs racines, elles laissent cet azote dans le sol une fois coupées, évitant ainsi une nouvelle fois de mettre des engrais.

Sources :

- Livret Découverte “Climat & énergie, le Défi pour la Terre”, Fondation Nicolas Hulot

- Livret Découverte “Des fraises au printemps”, Fondation Nicolas Hulot

- Agriculture et gaz à effet de serre : état des lieux et perspectives, Fondation Nicolas Hulot & Réseau Action Climat France, novembre 2010

Pour aller plus loin :

- Vidéo pédagogique pour comprendre le climat et ses enjeux, Fondation Nicolas Hulot, 2005

 

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